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22 Mélodies sur les poèmes de Paul Verlaine (1900-1910)

Irène Régine Wieniawska (1879-1932) arr. David Jackson

Paul Verlaine (1844-1896)

Nomades des temps modernes, Poldowski et Verlaine ont exploré et célébré chacun la richesse des liens culturels qui unissent le continent européen. Mais si les aventures internationales de Verlaine sont bien documentées, il n’en est pas encore de même pour Poldowski. Née en Belgique de parents polonais et français, elle étudia la musique en France, devint plus tard sujet britannique, pour finalement mourir à Londres en 1932. De la collaboration entre ce poète et cette compositrice, qu’unissait leur passion pour la musicalité de la langue, ne pouvait naître, comme le dit Verlaine, que de la musique avant toute chose.

Bien qu’ils ne se soient jamais rencontrés, la symétrie de leurs parcours reste frappante. Et le grisant mélange de pauvreté, de richesse, de passions destructrices et de chagrins qui jalonna leur vie (causant sans doute leur mort à l’âge de 52 et 53 ans) ne les empêcha pas de devenir des maîtres dans leurs arts respectifs. Malheureusement, comme tant de compositrices avant et après elle, Poldowski devait subir le sort de celles qui tombent inexorablement dans l’oubli. Aucune raison ne saurait expliquer une telle injustice, et les musicologues ont toujours souligné que les Melodies de Poldowski sur les poèmes de Verlaine n’avaient rien à envier aux productions les plus célèbres de ses contemporains masculins. D’ailleurs, il est à noter que ces Mélodies surpassent en nombre celles de Fauré, de Debussy et de Ravel consacrées au poète. Ajoutons que 10 des 22 poèmes n’ont été mis en musique que par Poldowski.

Si, aujourd’hui, quelques œuvres de Poldowski sont encore données sur scène, jamais le cycle entier des 22 Mélodies n’avait été enregistré. Une telle entreprise n’aurait guère été possible puisque l’ultime manuscrit de Nous Deux, qui échappa au pillage et à la destruction, pendant l’Occupation, de la maison du pianiste Lazare-Lévy (ami de longue date de Poldowski) n’a été découvert qu’en 2004 par le musicologue Frédéric Gaussin. L’auditeur de ce disque en aura ainsi la primeur.

Cela posé, une question persiste : pourquoi, puisque ces compositions sont si représentatives de l’art mélodique français, ai-je donc éprouvé le besoin de les ré-imaginer ? En les réorchestrant, je n’ai fait que rendre hommage à une pratique dans laquelle Poldowski elle-même s’est beaucoup illustrée : elle est en effet connue pour avoir orchestré nombre de ses Mélodies pour petit ensemble. Il est seulement à regretter qu’aucun de ses arrangements n’ait survécu. Quoi qu’il en soit, ma présente recréation ne saurait remplacer ces arrangements disparus, mais inciterait plutôt à une nouvelle perspective : celle d’aller par-delà les prémices musicales de Poldowski pour nous aider à l’entendre à nouveau. En ce sens, mon écriture pour cordes s’inspire directement de sa Sonate pour Violon et Piano (dont le premier mouvement, sous forme de trio, figure sur ce disque). À cette occasion, j’ai pu aussi donner libre cours à mon inspiration. L’usage de tessitures extrêmes allié à une large variété de couleurs, d’accents de jazz ou de lyrisme orchestral m’a permis de mieux souligner la violence parfois percussive de l’écriture, tout comme les moments de calme irréel qu’elle suggère.

Tout en restant fidèle à ses plus intimes créations, nous continuons aujourd’hui les voyages de Poldowski, transportant musiciens et publics vers de nouveaux horizons. 

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David Jackson tisse autour du soprano velouté de

Jazmin Black-Grollemund un écrin chambriste

Diapason 

★★★★

« [Un] enregistrement séduisant. »

The Times /septembre 2017

« Musicien complet, Jackson est attentif à toutes les dimensions du jeu : harmonie, mélodie, registration des plans, qualité des tempi, cohésion de l’ensemble. Fort bien soutenue par des cordes aux traits équitablement distribués, Jazmin Black-Grollemund, opératique, fait valoir un superbe timbre, une diction claire dans une vaste amplitude de nuances. »

La Lettre du Musicien

Poldowski et Verlaine en première mondiale à Paris 

Octobre 2016

All press enquiries - Audrey Schmitt

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