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ANDERS ZORN

Guillaume Lekeu (1870-1894)

Plainte d’Andromède

Richard Wagner (1813-1883) transcription pour quintette de Pringsheim Siegfried Idyll

Claude Debussy (1862-1918) transcription pour quintette de Mouton

Pelléas et Mélisande

Kurt Atterberg (1887-1974)

Tranquillo extrait de Sinfonia for Strings Op. 53

Hugo Alfvén (1872-1960)

Quatre mélodies
Du ars tilla ro

Jag langtar dig

Skogen sofver

Se, du kom med jubel och sand i hagen !

David Jackson Piano

Jazmin Black-Grollemund Soprano

Cécile Tête Violon

Hugo Boulanger Violon

Clémence Gouet Alto

Sophie Chauvenet Violoncelle

Jérémie Decottignies Contrebasse

 

Entrée libre

La collection d’œuvres d’art que le financier suédois Ernest Thiel (1859-1947) commença en 1901 devait s’enrichir au point de devenir la célèbre Galerie Thiel de Stockholm. Thiel est connu pour sa traduction de Also sprach Zarathustra, œuvre de Nietzsche également rendue célèbre par un poème symphonique de Strauss. Les titres des poèmes de Thiel (« Tu es le calme immobile »,« Tu me manques tant »,« La forêt dort » et « Regarde, tu étais joyeux et chantais dans le jardin ») et leur romantisme fin dix-neuvième siècle, pourraient presque être les titres des tableaux de Zorn. La Galerie Thiel existe toujours et parmi les œuvres qui y sont exposées se trouvent celles d’un certain Anders Zorn.

Dans Pelléas et Mélisande, les interventions orchestrales minimales et innovantes de Debussy (il n’y a que quatre fortissimi indiqués dans tout l’opéra) créent un écrin musical doux et délicat subtilement mis au service du drame. On trouve, dans le livret de Maeterlinck, un écho du style visuel de Zorn — un conte de fées médiéval transmis par le vecteur d’une forme artistique moderne et, surtout, la relation de la femme à l’eau. Les accords qui ouvrent cette suite, comme l’opéra lui-même, accompagnent la vision de Mélisande, seule, pleurant au bord de l’eau.

Kurt Atterberg et son contemporain Hugo Alfven furent tous deux membres fondateurs, en 1918, de la Société des Compositeurs Suédois dont Atterberg finit par être le président. Ils étaient tous deux de prodigieux compositeurs et interprètes et Alfven devait faire une carrière internationale de chef d’orchestre et, accessoirement, de peintre. Atterberg et son obsession pour une identité nationale suédoise romantique le conduisirent à développer de forts liens artistiques avec l’Allemagne dans les années 1920 et 1930. Sinfonia for Strings est écrit en 1953.

Le jeune Guillaume Lekeu fit un pèlerinage au Festival Wagner de Bayreuth en 1889, l’année où Claude Debussy s’y rendait pour la seconde fois. Ces deux compositeurs étaient intrigués et impressionnés par le style révolutionnaire des compositions de Wagner, son style durchkomponiert (mélodie continue). Alors que Debussy finit par combattre la révolution de Wagner, Lekeu se laissa toucher et exprima son admiration pour « des mélodies d’une telle longueur qu’un seul exposé suffisait à parfaire...un morceau de musique ». Avec son Andromède, histoire d’une princesse enchaînée nue sur un rocher près des flots, il allait remporter le second Prix de Rome 1891. Quelques trois ans plus tard sa mort, à l’âge de 24 ans, allait rendre encore plus poignant cet extrait de musique de chambre.

L’influence de Wagner sur les compositeurs européens et sur l’identité nationale à la fin du XIXème siècle est encore plus évidente si l’on considère ses répercussions artistiques chez les compositeurs français et sur le mouvement en faveur d’un nationalisme artistique. Mais, au bout du compte, c’est vers la Scandinavie que Wagner allait se tourner pour ses ultimes et durables inspirations. La légende de Siegfried remonte à la mythologie nordique. Elle est mentionnée en particulier dans des poèmes du XIIIème siècle, on en trouve des références qui remontent jusqu’au Xème siècle dans des sculptures. L’Idylle de Siegfried a été représenté pour la première fois le jour de Noël 1870 ; c’était un cadeau de Wagner à sa femme, Cosima, à l’occasion de la naissance de leur fils, Siegfried. L’opéra, qui devait paraître six ans plus tard, intégra des thèmes que l’on trouve dans L’Idylle. Il est intéressant de noter qu’à l’origine le titre de l’œuvre Tribschener Idyll mit Fidi-Vogelgesang une Orange-Sonnenaufgang, renvoie à la nature, aux couleurs et aux animaux. Si la palette musicale de Wagner peut décrire de telles images, on peut tout autant rêver d’ailleurs devant les peintures de Zorn. Ceci n’est pas un concept si saugrenu quand on pense aux commentaires d’Eric Wettegren sur l’art de Zorn dans le Fine Arts Journal de 1914 : « Tout est comme un conte de fées, que l’on ne doit pas essayer d’expliquer mais auquel il faut simplement croire, et puis transmettre en ayant l’impression d’avoir été dans un monde de miracles où nous n’avons rien à faire. » 

David Jackson

 


 

                  

 

L'auditorium du Petit Palais /  16h00
Avenue Winston Churchill / 75008 / Paris 

Metro Champs Élysées-Clemenceau

10/12/2017

L’Ensemble 1904 réunit, en une sorte de « musée musical imaginaire », des œuvres inspirées par le peintre Anders Zorn et ses voyages à Paris, des thèmes de la mythologie nordique et les figures féminines qui peuplent ses œuvres.